Sunday, December 15, 2019
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Le kératocône engendre-t-il une hypermétropie ?

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Zouheir LAZRAK

Zouheir LAZREK n’est pas un opticien comme les autres : il n’aime pas vivre sur ses acquis et n’hésite pas à sortir des sentiers battus et à explorer de nouvelles méthodes dans l’exercice de son métier. Depuis 10 ans, en collaboration avec plusieurs ophtalmologistes, il prend en charge des sujets atteints de kératocône. Il s’agit d’une maladie évolutive de la cornée, non inflammatoire, provoquant une déformation de sa face avant, où la cornée s’amincit progressivement et prend la forme d’un cône.

Cette irrégularité de la cornée diminue fortement la qualité de la vision. M. Lazrek applique alors une correction lunettes à ces individus et ça marche ! Cette méthode 100% marocaine sera présentée lors Zouheir LAZREK du premier congrès scientifique d’optométrie et de contactologie qui se tiendra à Fès en novembre prochain. La méthode.

La réfraction subjective des kératocônes en lunettes

Par convention, chaque fois qu’on est confronté à un cas de personne présentant un kératocône, on se fait une fausse idée de la capacité de la correction lunettes à offrir une acuité visuelle satisfaisante, ce qui nous pousse à adopter rapidement la solution des lentilles de contacts rigides spéciales kératocône. En vertu de leur qualité optique irréprochable, les lentilles rigides offrent un gain quasi-instantané d’acuité visuelle. De plus, elles ont le pouvoir « présumé » de stopper l’évolution du kératocône, idée qui ne fait plus l’unanimité auprès des professionnels. D’un autre côté, la fragilité des cornées des kératocônes, l’inconfort et la souffrance quotidienne liés au port permanent de lentilles rigides, ainsi que le refus ou le rejet du port dans certains cas, sans oublier les besoins visuels croissants de la jeune population active touchée par la maladie, nous poussent à chercher d’éventuelles solutions en verres de lunettes, qui vont limiter le temps d’utilisation des lentilles, voire même remplacer carrément le port de lentilles rigides spéciales kératocône par de simples lunettes de vue. Dès 2006, en collaborant avec plusieurs ophtalmologues et optométristes qui nous ont confié leurs patients, nous avons élaboré et développé des méthodes de réfractions subjectives efficaces pour tous types et tous stades de kératocône. Après suivi et vérification des cas étudiés, les résultats sont impressionnants. Pour

Le kératocône1

presque 70 % des cas étudiés, en vision de loin et de près, la majorité des prescriptions finales se présentent sous la forme suivante :

Sph. Convexe (+) ( Cyl. (-) ; Axe : ObliquoVertical )

Contrairement aux réfractions automatiques qui sont :

Sph. Concave (-) ( Cyl. (-) ; Axe : Horizontal )

Le principe de notre méthode est d’ignorer les mesures données par les réfractomètres automatiques conçus pour des formes de cornées normales (cornées sphériques ou ayant des astigmatismes réguliers de forme symétrique, contrairement aux cas des cornées de kératocône qui présentent des formes d’astigmatismes irréguliers asymétriques) qui se basent sur des systèmes d’algorithmes, pour élaborer leurs résultats. En effet, la déformation de la zone optique des cornées kératocôniques est à la fois moins importante et très différente de celle des zones périphériques. Plus le stade du kératocône est avancé, plus cette différence est accentuée.

Le kératocône2

De plus, le kératocône crée une inclinaison du plan focal de la cornée sur la partie centrale, par rapport à l’axe visuel. Plus le cône est décentré, plus cette inclinaison est accentuée, ce qui engendre, devant l’axe visuel, un astigmatisme mixte ou hypermétropique de valeur proportionnelle à la déformation et à l’inclinaison créées dans cette partie, avec un axe du cylindre oblique orienté vers les positions verticales, ou purement vertical. Donc, notre méthode consiste, tout simplement, à chercher la correction optique subjective sur la zone optique de la cornée qui assure le confort en VL et en VP, en considérant ces patients comme des hypermétropes, et non comme des myopes, ayant des perturbations en vision binoculaire, et plus précisément des spasmes accommodatifs de différentes sévérités. Ces spasmes sont accentués lorsque les patients portent déjà des verres non appropriés et fortement concave.

Le kératocône3

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