Migrer vers l’optométrie ou baigner à jamais dans le chaos

L ’anarchie que connaît le secteur de l’optique n’est un secret pour personne : prolifération de l’informel, Défcit de formation, pseudo campagnes de dépistage, remboursement des dossiers de mutuelles sans aucune vérification, ouverture de magasins sans autorisation, guerre des prix, absence de confiance entre les différentes composantes et j’en passe… Tout ceci en dépit du fait que cette profession paramédicale a été réglementée peu avant l’indépendance par le dahir de 1954 censé jouer le rôle de garde-fou devant toute irrégularité. Face à cette situation catastrophique, une certaine frange d’opticiens dépités par la léthargie des gouvernements successifs qui n’ont jamais pris à bras le corps les multiples problèmes du secteur, et convaincus que le changement n’est pas pour demain, a décidé de se différencier par la qualité en haussant le niveau de ses prestations et en utilisant l’optométrie (dans le cadre des prérogatives actuelles de la législation) comme levier de croissance afin de mieux répondre aux besoins grandissants de la population souffrant d’inconfort visuel lié essentiellement au changement de notre mode de vie.

Seulement, les optométristes, il n’en existe pas autant que ça ; le titre d’optométriste est souvent utilisé à tort et de façon abusive par nos confrères. Il faudra adopter une formation permettant d’atteindre le « statut » d’optométriste conformément à la définition du WCO (World Council of Optometry). L’EMCO, l’organisme de tutelle dans notre région dont la SMOP est partie intégrante, a élaboré et présenté lors de sa réunion de Rabat il y a deux ans, avec la bienveillance du Dr Yazan Gammoh, un programme complet de formation destiné à toute la région Moyen-Orient et Afrique du Nord dont on pourrait s’en inspirer pour instaurer le modèle de formation requis. En parallèle, on a vu émerger deux formations œuvrant dans le même sens.

La première est universitaire, dispensée par la faculté des sciences SEMLALIA en partenariat avec l’APOM (l’Association Professionnelle des Opticiens du Maroc) et débouche sur un certificat universitaire, donc reconnu par l’Etat La deuxième est proposée par l’ISV (Institut des Sciences de la Vision de Saint Etienne) en collaboration avec OPTONAF ; elle débouche sur un titre d’expert en sciences de la vision BAC+5 reconnu par l’Etat français et donne à son titulaire le droit de passer l’examen du fameux diplôme européen d’optométrie. Des initiatives à encourager en vue de créer une vraie communauté d’opticiens-optométristes capable d’apporter une vraie valeur ajoutée dans le domaine de la santé visuelle. Une communauté certes sans statut reconnu par l’Etat, mais reconnue et respectée par le citoyen et un partenaire apprécié par les ophtalmologistes et les orthoptistes.

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