Don et transplantation de la cornée : le décollage tarde à venir

L ’euphorie qui a accompagné l’ouverture de la banque des yeux de Marrakech en 2011 et l’objectif déclaré de 1000 greffes/an semblent être un lointain souvenir. Les résultats présentés par la banque des yeux de Marrakech lors du 31e congrès de la Société marocaine d’Ophtalmologie en février dernier ne sont pas flatteurs : prélèvement local quasi inexistant, importation à l’arrêt, liste de personnes en attente de greffe de cornée qui ne cesse de s’agrandir. Alors comment est-ce qu’un pays jadis pionnier de la greffe se retrouve-t-il dans cette situation ?

Les quelques chiffres dont nous disposons font référence à une moyenne de 0,4 donneur par million d’habitants pour le Maroc, contre 5 pour la Tunisie et 19 pour la moyenne mondiale. En l’absence de tissus à greffer, le Maroc s’est tourné vers l’importation de cornées via « quelques établissements autorisés » pour subsister aux besoins croissants malgré le coût élevé qu’induit l’importation. C’est ainsi que dans la période 2011-2015, la banque des yeux de Marrakech a importé 146 cornées, ce qui est relativement faible par rapport à la demande et ce qui entraîne de longues listes de patients en attente de greffe. Pire, l’importation de cornées s’est arrêtée en 2015 à cause d’un défaut de paiement ! Actuellement, quelque 500 greffes sont effectuées au Maroc, dont une grande majorité à l’hôpital Cheikh Zaid.

Les experts s’accordent à dire que le salut passe essentiellement par le développement du prélèvement local. Pour atteindre cet objectif, on doit commencer par réaliser des amendements sur la loi actuelle, impliquer toutes les composantes de la société, à commencer par les politiciens, la société civile et les médias, et autoriser les cliniques privées à accéder à l’importation de cornées.

 

Idriss MELLOUK

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