Thursday, November 14, 2019
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Entretien avec Yunis Dudin président de L’EMCO

« Le Dr Yunis Dudin est un pharmacien originaire de la ville de Zarka en Jordanie. Il a fait ses études à l’université de Madrid. Optométriste diplômé de l’université Santiago à Saint Jacques de Compostelle (Espagne), il fonde en 2008 le syndicat jordanien des optométristes dont il est actuellement le président. Il est également le co-fondateur de l’EMCO et Président de cette organisation depuis 2017. »

10/10:Quelle évaluation faites-vous sur le déroulement du deuxième congrès de l’EMCO?

Y.D : Le congrès a été une grande réussite et nous sommes satisfait du bon déroulement de cet événement. Par rapport au premier congrès, Il y a eu une progression significative. En termes d’orateurs, nous avons eu 25 conférenciers venus du monde entier Etats-Unis, Canada, Australie, Grande Bretagne etc… Tous ces conférenciers ont animés des thèmes à la pointe de ce qui se fait à l’international. La date du congrès correspondait aux réunions annuelles du WCO qui nous ont fait honneur de les programmer à Marrakech en parallèle avec cet événement. Malheureusement, l’objectif des 300 congressistes n’a pas été atteint. En effet, nous nous attendions à une participation massive des professionnels marocains qui n’ont pas répondu présents malgré le programme copieux qui leur été proposé. Il est certain qu’il y a eu un dysfonctionnement dans la mobilisation quelque part, notre rôle en tant qu’organisme régional est d’apporter conseil et assistance pour le développement de l’optométrie au Maroc. L’essentiel pour ce genre d’événement est de faire une union sacrée autour de la profession pour le bon développement du pays.

10/10: Qu’en est-il de la programmation, il n’y a pas eu de conférencier marocain et la majorité des conférences en langue anglaise?

Y.D : Nous en avons discuté au sein du comité scientifique du congrès et avec le Président de la SMOP Hamid Nafis. Dans ce congrès international, nous avons voulu profiter au maximum des grands conférenciers mondiaux pour avoir accès aux dernières avancées dans le domaine, et ce au détriment des conférenciers issus de notre région y compris les marocains. Preuve en est : le président de la SMOP et le président du comité scientifique n’ont eu droit qu’à 5 mn de présentation programmée. D’un autre coté, il n’y a que dans le Maghreb ou l’on ne parle pas beaucoup l’anglais , et pourtant c’ est la langue numéro un des sciences et comme dans tous les congrès internationaux c’est la langue dominante. Pour parer à cette situation, nous avons prévu une traduction instantanée pour toutes les conférences, mais le traducteur ne peut transmettre que 70% des propos. Il traduit l’essentiel de la présentation et peut faire l’impasse sur des détails qui peuvent s’avérer très importants. Ceci dit, nous sommes prêt à mettre à la disposition de nos amis marocains des résumés traduits en français afin qu’ils puissent bénéficier pleinement de ce transfert de savoir faire.

10/10: Où se tiendra le prochain congrès de l’EMCO?

Y.D : Durant notre assemblée générale ordinaire, nous nous sommes donné trois mois pour recevoir et traiter toutes les candidatures des pays désirant organiser la prochaine édition. Pour l’instant, nous avons une proposition officielle de 70 pages de l’Emirat de Dubaï en plus d’une candidature iraquienne. Nous retiendrons dans ce sens l’offre la plus apte à réussir la tenue du congrès. Et pour cela, nous nous basons sur plusieurs critères : accessibilité, logistique, apport scientifique, capacité d’hébergement etc… En concertation avec l’EMCO, la ville de Dubaï s’est même portée candidate pour l’organisation du congrès WCO 2021.

10/10: st ce que l’EMCO a l’intention de remplacer la SMOP par le SPNOM comme représentant des optométristes marocains?

Y.D : Nous nous n’émissons pas dans les affaires internes marocaines mais nous avons reçu un email de la part du SPNOM pour une rencontre sans en préciser l’objet de la réunion. Durant la réunion, nos amis marocains ont demandé le soutien de l’EMCO dans la formation et l’adhésion du SPNOM à notre organisation vu que le syndicat est l’organisme le plus représentatif des opticiens marocains. Mais comme il n’est admis qu’un représentant par pays, nous leur avons conseillé de trouver une autre alternative dans le cadre d’un rapprochement entre la SMOP et le SPNOM dans l’intérêt de l’optométrie au Maroc. Pour la formation, nous avons mis à la disposition de Hamid Nafis, le programme accrédité EMCO qui comporte un volume horaire ? dans certaines matières pour renforcer le programme déjà existant.

10/10: Quelle sera la prochain étape pour remettre à niveau la formation des les pays ciblés ?

Y.D : La prochain étape sera une concertation générale dans le cadre d’un colloque, avec toutes les universités qui dispensent la formation en optométrie et traiter au cas par cas les besoins et les lacunes de chaque système. Il existe bien sûr des pays qui n’ont pas besoin de notre aide et dont le programme dépasse celui de l’EMCO, mais en optant pour ce programme nous avons l’intention de relever progressivement le niveau de la formation dans la région. Les universités en question peuvent s’unir en fédération pour permettre un échange facile et profiter des expériences mutuelles des unes et des autres. Nous insistons à ce sujet pour donner de l’importance sur l’enseignement de l’éthique professionnelle dans nos universités pour garantir un bon niveau de pratique.

10/10: Comment envisagez-vous l’avenir de l’optométrie ?

Y.D : Pour le développement de l’optométrie il n’y a pas de secret. Il faut orienter toutes les ressources vers la formation et ensuite conclure des partenariats pour le transfert du savoir-faire dans le but d’une meilleure prise en charge des citoyens. Dans cet esprit, nous sommes arrivés au cours de ce congrès, à un accord de partenariat avec l’Institut Brien Holden Vision Institut pour que l’institut travaille à travers l’EMCO dans les pays de la région pour les campagnes de prévention et de correction des anomalies de réfraction qui demeurent la première cause de cécité dans le monde. Ce partenariat permettra un soutien à la santé visuelle des pays les moins favorisés surtout chez les jeunes populations.

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