Thursday, May 23, 2019
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Le droit à la vue : L’enjeu économique

Les restrictions qu’essaie d’imposer le syndicat des ophtalmologistes privés sur les prérogatives et le champ de compétences des opticiens à travers les amendements déposés au sujet de la loi 45-13, ne présagent rien de bon pour le citoyen marocain. Priver les opticiens de compenser les troubles réfractifs et d’équiper les nécessiteux constitue une violation du droit du citoyen défavorisé à l’accès à la vue normale. Le faire passer d’abord par les cabinets privés d’ophtalmologie moyennant une consultation à 300 dh et plus pour ensuite acheter son équipement ne fera que renforcer sa tendance à renoncer à une vue normale avec des risques de complications sanitaires et économiques multiples.

Les défauts de la réfraction ne sont pas des maladies comme le prétendent certains ophtalmologistes. Parfois c’est juste une question de taille, un œil trop grand est un œil myope et donc qui voit flou. Ce sont à la base des vices de réfraction que l’on peut qualifier d’anomalies. Utiliser le terme de maladie est faux, injuste et donc inapproprié. Que certains troubles de la réfraction soient liés à des pathologies est une autre affaire, mais le tout courant des vices de réfraction ne l’est pas. Si un défaut de la réfraction est une maladie pourquoi  dans la majorité des pays dans le monde( y compris au Maroc depuis 1954)  donnent le droit aux opticiens de compenser ces anomalies?

Alors pourquoi les médecins insistent-ils sur le volet médical ? Dans un pays comme le nôtre, la théorie de l’intérêt pécunier surgit souvent trop rapidement. Mais en déclarant dans un débat à la radio que  les ophtalmologistes quittent le pays à cause de la concurrence des opticiens et  que les opticien qui pratiquent  la réfraction représentent une  menace pour les ophtalmologistes, le porte parole du syndicat des ophtalmologistes privés laisse croire que  cette  mobilisation soudaine a un caractère purement économique . Rappelons à cet effet que le ministre qui a initié cette loi n’est autre que Mr Houssine LOUARDI  qui est lui même médecin .

Au MAROC, on constate que la pratique de la chirurgie n’est pas généralisée chez tous les ophtalmologistes. Lors du Congrès d ‘ophtalmologie SMO 2017,une présentation intitulée « Le coût des soins oculaires chez les assurés CNOPS » faite par le Docteur A. ADNANE a mis en évidence un monopole des remboursementsCNOPS sur les opérations de la cataracte de plus de 60% en faveur de deux cliniques privées!, l’une à Rabat et l’autre à Casablanca. Ce chiffre en dit long sur le rôle des autres ophtalmologistes qui pour survivre en viennent à faire  essentiellement de la réfraction et guérir quelques pathologies. Alors que la réfraction comme elle est pratiquée dans notre pays est faite par les opticiens et les orthoptistes sans que cela ne provoque de risque sanitaire. Il donc  est inconcevable de faire passer tous les marocains à la caisse, alors que cette prestation est faite gratuitement chez l’opticien.  Il est donc temps de réorganiser toute la filière de la santé visuelle et d’optimiser les compétences avec un coût acceptable pour l’Etat.

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