Wednesday, July 17, 2019
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Projet de loi 45-13: Sur quoi s’est basé le Ministre de la santé ?

La date du 3 juin 2019 restera à jamais gravée dans la mémoire des opticiens marocains comme un jour noir dans l’histoire de l’optique au Maroc . En adressant ce jour là un courrier au Président de la chambre des conseillers lui demandant de programmer le vote de la proposition du gouvernement pour l’amendement de l’article 6 du projet de loi, et en  Qualifiant la version émanant de la commission technique chargée  de l’amendement de consensuelle( les opticiens n’étant en plus  pas consultés), le Ministre de la santé Anas DOUKKALI  reconnait implicitement que les amendements portés sur l’article 6 n’ont fait objet d’aucune étude  évaluant les répercussions d’une telle décision sur la santé visuelle des marocains. Avant de prendre la décision de se séparer de milliers de professionnels de la santé visuelle  indépendants ,  bien répartis sur tout le territoire national et bien formés à l’exécution de telles taches , il aurait été judicieux de se doter d’outils d’évaluation qualitative et quantitative afin de mesurer l’impact d’une telle  décision  .

Si un tel système d’étude d’impact  est déjà utilisé par le Secrétariat d’état auprès du Ministre de l’énergie, des mines et du développement durable pour évaluer les projets d’investissement sur l’environnement depuis 2003, pourquoi le ministère de la santé ne s’en inspirerait-il pas pour des décisions touchant directement la santé?. Faut-il rappeler au ministre que le Maroc s’est engagé depuis 1992 dans le programme international de lutte contre la cécité? et que les derniers  chiffres de l’organisation mondiale de la santé sur les  causes de la cécité place les anomalies de la réfraction en tète avec 49% très loin devant le glaucome 10%. Qu’en est-il de l’impact sur l’hôpital public déjà en sous effectif avec 149 ophtalmologistes seulement? est-il raisonnable d’ignorer  des opticiens formés suivant un cahiers de charge bien définit par l’état ainsi que dans  les meilleures écoles européennes et de confier la correction des anomalies de la réfraction  à des infirmiers formés à d’autres taches? Comment est ce que les médecins généralistes chargés de faire les examens du permis de conduire vont détecter d’éventuelles pathologies sans matériel nécessaire?   Comment va t-on gérer les délais d’attente dans l’hôpital public alors que la majorité des établissements arrête de prendre les rendez-vous pour l’année en cours au mois d’avril? Qui va prendre en charge les besoins visuels des citoyens habitant dans des endroits reculés à travers le royaume? Quel serait l’impact économique d’une telle décision sur les catégories défavorisées?

La solution Pour répondre à  toutes ces questions et à bien d’autres nous vient de l’OMS, cette dernière préconise dans des situations pareilles de recourir à des études d’impact sur la santé. un outil multidisciplinaire d’aide à la décision, qui évalue l’impact des politiques sur la santé publique et sur les inégalités en matière de santé.   “Ces études sont une combinaison de procédures, de méthodes et d’outils par lesquels une politique, un programme ou une stratégie peuvent être évalués selon leurs effets potentiels sur la santé de la population et selon la dissémination de ces effets dans la population. Il s’agit d’un processus multidisciplinaire structuré par lequel une politique ou un projet sont analysés afin de déterminer leurs effets potentiels sur la santé. “, consensus de Göteborg, 1999 (concertation internationale menée sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé).

Les prérogatives des opticiens datant de 1954, et en étant convaincus  de leurs compétences , les opticiens demandent une étude rétrospective, d’un organisme indépendant( OMS, l’agence internationale de lutte contre la cécité IAPB, l’institut Brien HOLDEN- Vision Institut) sur les éventuels dégâts qui ont pu être  causés par l’exercice de la réfraction durant les 65  dernières années. Aux accusateurs ils demandent de prouver le principe de causalité entre la pratique de la réfraction chez l’opticien et l’augmentation de la  prévalence de certaines  pathologies oculaires au Maroc.  Le cas échéant, ils veulent retrouver toutes leurs prérogatives et exigent  des excuses pour le tord subit par ces accusations diffamatoires.

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