Secteur en peril

Il faut le dire, le secteur de l’optique n’a jamais

autant proliféré dans l’informel : bricoleurs,

vendeurs à la sauvette, vendeurs de paraboles

devenus opticiens, fiches de mutuelle remplies

à Derb Ghallef, pseudo campagnes médicales,

contrefaçons en tout genre… Voici ceux à qui

une partie des Marocains confient la santé de leurs

yeux. Au grand dam des professionnels diplômés et

autorisés et des entreprises organisées, à qui l’on

impose une concurrence déloyale, parce que ces

premiers ne paient ni impôts, ni taxes, ni charges

sociales. Voilà pour la forêt.

Pour l’arbre, il faudra se satisfaire de quelques filiales,

multinationales et entrepreneurs marocains dont le

courage premier aura été, contre vents et marées,

de continuer à investir dans leur pays. Avec 10/10

MAG, nous voulons les accompagner dans leurs

efforts méritoires et ouvrir la voie à ceux, hésitants

ou embusqués, qui souhaitent en faire de même en

mettant en avant leur produit, leur expertise et le

savoir-faire qu’ils ont cumulés durant les années

passées.

Pour ne pas briser cet élan, l’Etat doit aussi prendre

ses responsabilités et lutter contre le secteur informel

en proposant de réelles mesures d’accompagnement.

Alors on attend, on retient notre souffle et on espère

beaucoup du projet de loi…

Les opticiens ont aussi leur part de responsabilité

en s’organisant, non pas en petites entités, mais en

une seule et unique structure. Et pourquoi ne pas

s’allier aux ophtalmologistes et aux orthoptistes

pour constituer un front commun et chasser ainsi

les démons qui pourrissent leur vie et qui mettent la

santé du citoyen marocain en péril ?