Ajustement accomodatif et équilibre bioculaire

Des signes fonctionnels tels que les céphalées, la fatigue visuelle, surtout en fin de journée sont des signes témoignant de la souffrance du système oculaire. Les causes sont différentes. Cela peut être dû à un vice de réfraction non corrigé, une phorie symptomatique ou un déséquilibre binoculaire, etc. Un relâchement accommodatif inégal lors de la réfraction monoculaire ainsi qu’une accommodation mise en jeu en vision de loin en binoculaire même avec correction peuvent perturber la fusion et être par la suite des facteurs déclenchant de signes fonctionnels. Le test d’équilibre bioculaire : Lors de la réfraction monoculaire, il est possible qu’un œil n’ait pas eu le même degré de relâchement accommodatif que l’autre, puisque les deux yeux ont été testés à des moments différents.Lors de la vision binoculaire, les deux yeux ont la même accommodation. Dans le cas précédent, la mise au point ne pourra être similaire pour les deux yeux. Les deux images rétiniennes n’auront pas la même netteté donnant naissance à une légère aniséiconie et la fusion des deux perceptions risque d’être perturbée.
Il est donc nécessaire de chercher à égaliser au mieux le relâchement accommodatif des deux yeux afin que les images rétiniennes aient la même mise au point. Pour pouvoir comparer les perceptions des deux yeux, il va donc falloir placer devant le couple oculaire un système dissociateur. Ce couple aura alors une vision simultanée, donc des images droite et gauche différentes.

Les méthodes de dissociation utilisées seront :
– cover test alterné : dans ce cas, la vision n’est pas rigoureusement bi-oculaire mais on admet que l’accommodation reste la même si l’alternance des occlusions est assez rapide.
– la méthode de Von Graefe, dissociation par prismes verticaux. Cette dissociation est d’origine motrice : le couple oculaire ne peut fournir l’effort fusionnel exigé par l’interposition verticale des prismes, ce qui va créer une diplopie verticale. Elle est utilisée habituellement avec une ligne d’optotype mais peut aussi l’être avec un test rouge vert.
– la dissociation par polariseurs, cette dissociation est d’origine sensorielle puisque les images rétiniennes droite et gauche seront différentes. Cette dissociation peut être utilisée avec deux lignes de lettres.
L’ajustement accommodatif binoculaire : Après avoir réalisé l’équilibre bi-oculaire, il faut ajuster les sphères de correction. La compensation que l’on va prescrire doit être celle qui donne le meilleur confort au sujet tout en fournissant le minimum d’effort accommodatif en vision de loin.
– Dans un 1er temps, on cherche les sphères théoriques d’emmétropisation, qui correspondent aux sphères les plus convexes donnant la meilleure AV.
– Dans un 2e temps, on cherche les sphères qui donnent le meilleur confort de vision de loin au patient par la réalisation du test bichrome.

Par Imane NKHILI : Orthoptiste et opticienne optométriste

 

Contactologie avancée : cas pratiques

Désormais nous connaissons tous les préjugés circulant sur les lentilles de contact : les lentilles de contact sont responsables de toutes les infections oculaires, les lentilles de contact causent des allergies, les lentilles de contact ont des fins esthétiques (changer la couleur de l’iris ou une alternative pour ne pas porter de lunettes), voire même elles sont une cause de cécité, etc.

Il est possible que ceux-ci soient dus à nos limitations professionnelles et à la méconnaissance des solutions extraordinaires qu’offrent les lentilles de contact par la société et même par quelques professionnels de santé. Mais faisons-nous le nécessaire pour abolir de tels préjugés sur « les innocentes » lentilles de contact ? Aujourd’hui, on parle beaucoup de la contactologie avancée comme s’il existait une contactologie non avancée ! Personnellement, j’ai un grand respect pour la lentille de contact, même pour la plus conventionnelle et la plus courante. Car loin d’être responsable de problèmes, souvent elle est la meilleure ou même l’unique solution aux grands problèmes visuels.
Voici un protocole à suivre pour réussir une adaptation :
-Toujours une bonne anamnèse
-Un examen optométrique complet
-Une prise de mesures des paramètres de la surface de l’oeil
-Explorer la surface externe de l’oeil
-Diriger le patient vers l’ophtalmologue en cas de suspicion de pathologie oculaire ou systémique
-Conseiller la lentille la plus adéquate pour gagner le maximum d’acuité visuelle en tenant compte du confort visuel et tout en respectant l’intégrité de la surface oculaire
-Conseiller le ou les produits les plus adéquats selon le type de matériau de la lentille utilisée et selon la qualité des larmes
-Informer scrupuleusement le patient sur le mode d’entretien de ses lentilles de contact et sur le ou les produits utilisés
tout en insistant sur l’importance de l’hygiène et le risque d’infection grave en cas de négligence
-Offrir un suivi adapté tout au long de la durée de vie des lentilles de contact pour éviter d’éventuelles complications1a2a3a4a

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