Afin d’endiguer la propagation de l’épidémie, la plupart des pays ont adopté des mesures drastiques pour imposer un confinement sanitaire restrictif. Les soins non essentiels ont été annulés, mais les hôpitaux continuent de prendre en charge les urgences des patients non COVID ; le port du masque est rendu obligatoire dans les établissements hospitaliers, que ce soit pour le personnel soignant ou pour les patients. Pour l’ophtalmologie comme pour les autres spécialités, des interventions urgentes ont été réalisées pour des réparations de lacération des paupières, des tumeurs de la paupière, etc.

Une étude anglaise portant sur les données des procédures oculoplastiques a montré une augmentation statistiquement significative des infections postopératoires lorsque les patients portaient un masque. Les résultats obtenus montrent que 13,7% des patients traités pendant la période du confinement souffraient d’infections postopératoires qui ont nécessité la prescription et l’administration d’antibiotiques par voie orale, contre une moyenne de 2% avant la pandémie. D’habitude, la préparation à ce type de chirurgie nécessite un nettoyage de tout le visage avec de la chlorhexidine ; ensuite, un drap chirurgical est enroulé autour du front et un autre placé sous le menton. Mais en période de pandémie, les patients sont admis avec leur masque (non stérile) et, donc, seule la peau au-dessus du masque facial peut être nettoyée pour éviter la contamination ; le drap chirurgical est placé sur le visage pour couvrir le masque facial.

Les auteurs de l’étude ont mis en cause le masque dans la contamination de l’espace opératoire, mais également le flux d’air qui s’échappe vers le haut dans l’infection postopératoire. Ils s’appuient pour cela sur des études antérieures qui ont montré que l’intérieur et l’extérieur des masques chirurgicaux sont des sources potentielles de charge bactérienne. Pour conclure, les auteurs mettent en garde les ophtalmologistes sur d’éventuels risques lors de la pratique d’autres interventions, en particulier les injections intravitréennes, car l’endophtalmie postopératoire est une complication dévastatrice pour les patients.